Premiere image d une generation video locale, avant que le calcul ne derive
Nexia / Blog / Vidéo IA en local

Vidéo IA en local : le piège du format qui nous a coûté 27 Go

Andy Lechapelier · 7 août 2026 · 5 min de lecture

Le 6 août, on a installé un moteur de génération vidéo sur la machine du studio : une RTX 3080 Ti de 12 Go, une carte grand public. Objectif simple : savoir si un plan peut sortir sans passer par un service en ligne, donc sans qu’une image de client quitte la machine. La réponse est oui. Le prix de cette réponse, en revanche, n’est écrit nulle part.

L’image du haut est la première de la vidéo. La suivante, la voici.

Premier tir. La première image est parfaite : elle vient du fichier source, celui qu’on a donné au modèle. Dès la deuxième, tout part. Voici les deux images côte à côte, sorties du même fichier, à une seconde et demie d’intervalle.

A gauche la premiere image, nette. A droite la meme scene apres 40 images, devenue une puree de pixels
Ce n’est pas un mauvais modèle. C’est un mauvais FORMAT.

Un modèle se télécharge dans un format numérique donné : FP8, BF16, int8, FP4. Ces noms ressemblent à des réglages de qualité. Ce n’en sont pas : ce sont des exigences matérielles.

Le FP8 n’a de support matériel qu’à partir des RTX 40. Sur une RTX 30, le calcul est émulé. Rien ne prévient, rien ne plante : la machine travaille pendant trente-sept minutes et rend un fichier. C’est en l’ouvrant qu’on découvre que la matière s’est décomposée. Le coût exact de cette découverte : 27 Go téléchargés et 37 minutes de calcul, pour zéro image gardée.

Cinq images de la meme generation, de la premiere a la derniere : la degradation est immediate et ne se recupere jamais
La vérification qui prend trente secondes

Avant tout téléchargement, on lit le format du poids et on le confronte à la génération de la carte :

FP8 : RTX 40 et au-delà. — FP4 et NVFP4 : RTX 50. — BF16 et int8 : partout.

Trente secondes de lecture contre des dizaines de gigaoctets et une heure de machine. C’est le meilleur rapport de toute cette expérience.

Une fois le bon format installé : ce que ça coûte vraiment

Avec un poids compatible, la chaîne tient et l’image est propre. Restent deux chiffres que personne n’annonce quand on parle de modèles « gratuits » :

Plus de 30 minutes de calcul pour 5 secondes de vidéo en 832 x 480, carte à 100 pour cent et 11,7 Go de mémoire occupés sur 12. Et 15 à 60 Go de disque par famille de modèle, à télécharger avant le premier pixel.

Le local n’est donc pas le canal « gratuit ». C’est un canal lent et encombrant. Ce qu’il achète n’est ni la vitesse ni le prix : c’est le fait que rien ne sort de la machine. Sur un projet sous accord de confidentialité, c’est la seule chose qui compte, et aucun service en ligne ne peut l’offrir.

Un modèle local ne se choisit pas sur sa fiche. Il se choisit sur la carte qu’on a dans la machine.
Une dernière chose, sur la façon de lire les catalogues

Le catalogue du moteur recommandait un modèle « pour la vidéo cinématique avec audio natif ». On en a déduit qu’il était le meilleur en cinéma. Faux : cette colonne décrit des fonctions, jamais un niveau de qualité. Le modèle recommandé là était simplement le seul à produire une bande son synchronisée — c’est-à-dire exactement ce qu’on coupe à chaque livraison, puisque la musique se pose au montage.

Pour notre usage réel, l’image vers vidéo, c’est un autre modèle qui tient : celui qui garde la peau, les cheveux et un mouvement cohérent quand plusieurs éléments bougent en même temps.

À retenir

Trois chiffres résument l’essai : 27 Go téléchargés pour rien, 37 minutes de calcul perdues, 30 minutes pour 5 secondes une fois le bon format installé. Ce sont des chiffres de studio, pas de démonstration : ils viennent d’une machine qui produit des films pour de vrais clients, et ils changeront à la prochaine génération de cartes. On remettra cette page à jour quand ce sera le cas.

Ce que cet essai ne dit pas, c’est qu’il faut choisir entre le local et le service en ligne. Chez nous les deux coexistent : le service en ligne pour la vitesse et le volume, le local quand le sujet ne doit pas quitter la maison. Le vrai travail d’un studio augmenté est de savoir lequel des deux répond à la contrainte du projet, avant même d’écrire le premier prompt.

Si vous avez un film à produire sous contrainte de confidentialité, ou simplement une question sur ce qui est faisable aujourd’hui, parlez-en avec ZIA, ou regardez comment ces méthodes se traduisent en production sur nos études de cas. Nexia Studio, siège à Sophia Antipolis, présence à Paris et sur la Côte d’Azur : écrivez-nous, réponse humaine sous 24 heures ouvrées.