Seedance 2.5 : le manuel complet
est public
Andy Lechapelier · 7 août 2026 · 10 min de lecture
Une expérience de long métrage entièrement généré — 90 minutes, 14 jours, montrée à Cannes cette année — a laissé derrière elle quelque chose de plus rare que le film : sa méthode entière, publiée sous licence MIT.
167 fichiers. L’écriture des prompts, le verrouillage des personnages, le vocabulaire de caméra, les limites réelles de Seedance 2.5, jusqu’au linter qui refuse un prompt avant de le lancer.
Nous l’avons lu en entier, puis testé les règles une par une sur notre propre moteur. Toutes les images de cet article sortent de ces essais.
Le moteur exécute des mécanismes,pas des adjectifs.
Un moteur ne sait pas où placer « moody ». Il sait placer une source, une hauteur en degrés, un rebond sur une matière, une chute vers le fond.
Le corpus va jusqu’à nommer les mots à bannir, qu’il appelle des slop words : epic, beautiful, cinematic masterpiece, ultra realistic, dramatic. Ils coûtent des tokens et ne contraignent rien.
Pourquoi un visage se déformeen cours de plan.
La cause vient de la rédaction. Quand un prompt redécrit le visage au milieu de l’action, le moteur relit les descripteurs d’identité pendant qu’il calcule le mouvement, et les réinterprète au passage.
La parade tient en deux blocs étanches. Nous les avons passés au banc, sur le même moteur, quatre tirs chacun.
Mouvement : assis sur un banc, mains jointes, regard au sol. Une feuille entre dans le cadre et se pose à côté de lui. Caméra : dolly avant lent.
Le résultat vaut d’être dit clairement : redécrire l’identité dans le bloc d’action ne se contente pas de faire dériver le visage, ca fait perdre la mise en scène.
Une planche de personnage sortd’une seule génération.
Pour verrouiller un personnage, il faut une planche multi-vues. Le détail qui change tout : les six vues doivent venir du même tir. Assemblée depuis six générations séparées, l’identité dérive d’un panneau à l’autre.
Deux images minimum par personnage, un visage et un plan large. Une planche par état du personnage, jamais une description textuelle du changement.
Et pour une foule, une planche de plusieurs personnages distincts, déclarée comme référence de variété. Une référence unique donne exactement ceci :
Le prompt négatifne retire rien.
Ces moteurs n’embarquent aucune architecture de négation. Chaque mot compte comme une instruction positive : écrire « pas de caméra tremblante » revient à écrire « caméra tremblante ».
Le bloc de contraintes positives se définit une fois et se colle à la fin de chaque prompt.
Les bornes de Seedance 2.5que la fiche produit ne donne pas.
Le moteur sait faire des choses rares : plusieurs plans dans une seule génération par segments minutés, du son natif avec lip-sync, la reprise d’un clip depuis sa dernière image, quatre rôles de référence distincts. En échange, il impose des bornes nettes.
La décision qui coûtele plus cher.
Un plan refusé a deux causes possibles, et elles appellent deux gestes contraires.
Leur règle : cette décision se calcule sur le registre des tirs, jamais à l’oeil. D’où l’obligation de consigner chaque génération, gardée comme rejetée, en une ligne et cinq secondes.
c’est réparer ce qui n’est pas cassé.
Quatre pièges de vocabulaire,pour finir.
Un mot à deux sens physiques laisse le modèle choisir. draw (tirer, dessiner, dégainer), charge, bolt, rock, wave. On écrit le geste, pas le mot.
Première source de dérive du corpus : il élargit les pièces et ajoute des meubles absents de la référence. Le verrou s’écrit explicitement.
Dès qu’il y en a deux, ils convergent vers la même hauteur. On écrit les tailles en centimètres dans chaque prompt.
Vitesses en km/h, brume en pourcentage, température de couleur en kelvins, masses en grammes. « Énorme » devient « quatre humains empilés ».