Portrait eclaire par une seule source, la geometrie de la lumiere est lisible
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Seedance 2.5 : le manuel complet
est public

Andy Lechapelier · 7 août 2026 · 10 min de lecture

Une expérience de long métrage entièrement généré — 90 minutes, 14 jours, montrée à Cannes cette année — a laissé derrière elle quelque chose de plus rare que le film : sa méthode entière, publiée sous licence MIT.

167 fichiers. L’écriture des prompts, le verrouillage des personnages, le vocabulaire de caméra, les limites réelles de Seedance 2.5, jusqu’au linter qui refuse un prompt avant de le lancer.

Nous l’avons lu en entier, puis testé les règles une par une sur notre propre moteur. Toutes les images de cet article sortent de ces essais.

167 fichierslicence MIT90 min de film14 joursSeedance 2.5
01

Le moteur exécute des mécanismes,pas des adjectifs.

Un moteur ne sait pas où placer « moody ». Il sait placer une source, une hauteur en degrés, un rebond sur une matière, une chute vers le fond.

Ce qu’on écrit par réflexe
dramatic moody cinematic lighting, beautiful, epic atmosphere
Ce que le moteur exécute
key light à l’ouest cadre, 30° au-dessus de la ligne des yeux, réflecteur chaud qui remonte l’ombre sous la mâchoire, chute rapide vers le fond
Portrait ou la geometrie de la lumiere est lisible
Notre tir avec le prompt de droite. La source, sa hauteur et le réflecteur sont tous les trois lisibles dans l’image.

Le corpus va jusqu’à nommer les mots à bannir, qu’il appelle des slop words : epic, beautiful, cinematic masterpiece, ultra realistic, dramatic. Ils coûtent des tokens et ne contraignent rien.

02

Pourquoi un visage se déformeen cours de plan.

La cause vient de la rédaction. Quand un prompt redécrit le visage au milieu de l’action, le moteur relit les descripteurs d’identité pendant qu’il calcule le mouvement, et les réinterprète au passage.

Un visage qui se decompose en artefacts numeriques
Ce que donne une identité relue en plein calcul de mouvement, poussée à l’extrême.

La parade tient en deux blocs étanches. Nous les avons passés au banc, sur le même moteur, quatre tirs chacun.

Écriture mélangée
Un homme aux rides profondes et aux yeux bruns tristes, en manteau de laine gris, assis sur un banc, tandis que la caméra avance sur son visage ridé et ses yeux bruns tristes pendant que les feuilles passent devant son manteau gris.
Écriture séparée
Identité : homme, 60 ans, rides profondes, yeux bruns chauds, manteau de laine gris, gants de cuir bruns.
Mouvement : assis sur un banc, mains jointes, regard au sol. Une feuille entre dans le cadre et se pose à côté de lui. Caméra : dolly avant lent.
Quatre tirs avec le bloc melange
Écriture mélangée, quatre tirs. Le moteur dépense son attention à re-fabriquer le visage : il rend des portraits serrés, l’homme change entre les paires, et la mise en scène demandée a disparu — ni mains jointes, ni regard au sol, ni feuille qui se pose.
Quatre tirs avec les blocs separes
Écriture séparée, quatre tirs, même moteur. Les mains jointes, le regard au sol, la feuille posée sur le banc : la scène est exécutée. L’attention du modèle est allée où on l’a envoyée.

Le résultat vaut d’être dit clairement : redécrire l’identité dans le bloc d’action ne se contente pas de faire dériver le visage, ca fait perdre la mise en scène.

03

Une planche de personnage sortd’une seule génération.

Pour verrouiller un personnage, il faut une planche multi-vues. Le détail qui change tout : les six vues doivent venir du même tir. Assemblée depuis six générations séparées, l’identité dérive d’un panneau à l’autre.

Planche six vues generee en une seule passe
Notre essai, un seul tir : face, trois quarts, dos, buste, mains, visage. Fond gris neutre, jamais blanc ni noir.

Deux images minimum par personnage, un visage et un plan large. Une planche par état du personnage, jamais une description textuelle du changement.

Et pour une foule, une planche de plusieurs personnages distincts, déclarée comme référence de variété. Une référence unique donne exactement ceci :

Une foule ou tous les visages sont identiques
Même référence pour tout le monde, même visage pour tout le monde. Le corpus appelle ça une armée de clones.
04

Le prompt négatifne retire rien.

Ces moteurs n’embarquent aucune architecture de négation. Chaque mot compte comme une instruction positive : écrire « pas de caméra tremblante » revient à écrire « caméra tremblante ».

no shaky camera
caméra fixe verrouillée, aucun mouvement
no blur
netteté sur toute la profondeur
no extra limbs
anatomie correcte, membres naturellement positionnés
don’t change the character
apparence constante, même tenue du début à la fin

Le bloc de contraintes positives se définit une fois et se colle à la fin de chaque prompt.

05

Les bornes de Seedance 2.5que la fiche produit ne donne pas.

Le moteur sait faire des choses rares : plusieurs plans dans une seule génération par segments minutés, du son natif avec lip-sync, la reprise d’un clip depuis sa dernière image, quatre rôles de référence distincts. En échange, il impose des bornes nettes.

3 max
personnages suivis par plan. Au-delà, l’identité se perd.
50-80 mots
la zone utile d’un prompt à un plan. Au-delà de 220 caractères, l’encodeur lâche.
8 valeurs
de champ acceptées. Jamais entre les deux, jamais en millimètres.
2 chaînages
de continuité propres, 3 au plafond. Ensuite on réancre sur l’original.
4-15 s
de durée, coupes comprises. Et aucune graine : chaque relance est un tirage neuf.
25-30 mots
de dialogue tiennent dans 15 secondes de lip-sync.
Trois personnages nets et un quatrieme qui se dissout au bord du cadre
Trois personnages tenus, le quatrième se dissout. Et sortir du cadre équivaut à disparaître : aucun retour dans le même plan continu.
06

La décision qui coûtele plus cher.

Un plan refusé a deux causes possibles, et elles appellent deux gestes contraires.

Structurel · on corrige
Le prompt est faux. Re-tirer à l’identique ne donnera jamais rien. Une variable à la fois.
Stochastique · on tire en lot
Le prompt est bon, la variance fait le reste. Itérer dessus revient à réparer ce qui n’est pas cassé.
Un couloir qui se separe en deux chemins eclaires differemment
Deux chemins, deux coûts. Le premier demande une correction, le second demande du volume.

Leur règle : cette décision se calcule sur le registre des tirs, jamais à l’oeil. D’où l’obligation de consigner chaque génération, gardée comme rejetée, en une ligne et cinq secondes.

Itérer sur de la variance,
c’est réparer ce qui n’est pas cassé.
07

Quatre pièges de vocabulaire,pour finir.

01
Les homographes cassent un plan

Un mot à deux sens physiques laisse le modèle choisir. draw (tirer, dessiner, dégainer), charge, bolt, rock, wave. On écrit le geste, pas le mot.

02
Le moteur invente du décor

Première source de dérive du corpus : il élargit les pièces et ajoute des meubles absents de la référence. Le verrou s’écrit explicitement.

03
Il égalise la taille des personnages

Dès qu’il y en a deux, ils convergent vers la même hauteur. On écrit les tailles en centimètres dans chaque prompt.

04
Tout se mesure

Vitesses en km/h, brume en pourcentage, température de couleur en kelvins, masses en grammes. « Énorme » devient « quatre humains empilés ».

Carnet de mise en scene, thermocolorimetre, plan de lumiere
Le vocabulaire du plateau, appliqué au prompt. C’est la même discipline, avec un autre outil.